Can Alegria, la Méditerranée à Pigalle

Depuis six mois souffle un vent méditerranéen sur Pigalle. Dans un ancien cabaret où Edith Piaf chantait à ses débuts, devenu ensuite un bar à filles, s’est installé Can Alegria, restaurant où le soleil se trouve autant dans le sourire de son personnel que dans ses assiettes.

Décoré avec goût, l’endroit se révèle accueillant avec ses banquettes bleues, des matières naturelles et une superbe table d’hôtes près du bar où sont préparés de savoureux cocktails, parfaits pour l’apéritif. J’opte pour le sobrement intitulé N°2 (9 €) qui mêle rhum brun, Marashino, Chartreuse, jus de citron et sucre. Très subtil et peu sucré. En face de moi, c’est le Hugo (7 €) qui arrive sur la table avec son prosecco, sirop de fleur de sureau, jus de citron et menthe. Très rafraîchissant et qu’on apprécie quand même beaucoup, même si dehors, le thermomètre flirte avec le zéro. Le tout est escorté de quelques tranches de pains huilées et toastées à tremper dans un succulent aïoli. Tant pis pour l’haleine, c’est trop bon pour s’en passer !

Les entrées

Les entrées font la leur, avec de mon côté le velouté de champignons et foie gras mi-cuit (16 €). Pour le coup, c’est idéal en plein hiver, et suffisamment bien dosé à la fois pour en apprécier toutes les saveurs, et ne pas écœurer, car l’ensemble, s’avère forcément assez gras (n’y voyez pas un reproche, bien au contraire !). Mon convive, lui, a préféré une spécialité de la maison, un céviche de truite, lait de coco et betterave (14 €). Une superbe alliance de goûts qui caresse les papilles avant de les titiller jusque ce qu’il faut, et généreuse qui plus est puisque les morceaux de poisson ne font pas de la figuration. Avec une telle entrée en matière, l’impatience nous gagne à l’idée de goûter aux plats principaux !

Les plats

Dans l’assiette de mon compagnon de vie et de gourmandise, le poulet aux morilles et son risotto (24 €). Comme de nombreux produits de la carte, le poulet est longuement cuit à basse température, d’où une tendreté extrême et un petit côté rosé dont il ne faut pas s’inquiéter, mais au contraire se se réjouir. La sauce aux morilles est un pur bonheur qu’on s’applique à finir jusqu’à la dernière goutte, et ce grâce à l’excellent pain fourni par Farine&O. J’ai opté pour le plat signature du restaurant : le poulpe grillé avec sa purée de patate douce, coriandre et romarin (25 €). Visuellement, c’est déjà impressionnant, avec une palette de couleurs qui met en joie et une vraie générosité. Premier coup de fourchette, je frise l’orgasme : c’est à tomber. Lui aussi cuit à basse température, l’intérieur du poulpe est d’un moelleux extrême qui tranche avec le croustillant de la surface, grillé à la perfection. Toute la carte fait envie, mais ne passez pas à côté de ce plat, vous le regretteriez !

Les desserts

Pour la fin du repas, pas de carte écrite, les desserts changent tous les jours en fonction de l’humeur du chef. Le cheesecake et coulis de fruit rouges ravira les bons appétits, très classique mais remarquablement exécuté. J’ai craqué pour le baba au rhum arrangé vanille/gingembre, sans regret. On est plus proche de la brioche perdue que du baba classique, mais c’est diablement bon et le petit shot de rhum vous permet de corser un peu plus le gâteau… ou de faire office de digestif. Pour les desserts, comptez de 7 à 10 €.

Si vous avez lu tout ce qui précède, il n’y a plus vraiment de suspense sur ce que je pense de Can Alegria. De l’apéritif au dessert, c’est un sans-faute. Alors, y retournerai-je ? Avec joie !

Can Alegria

73, rue Jean-Baptiste PIgalle
Paris 9ème
> Instagram : @canalegriaparis
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